samedi 29 novembre 2008

Vang Vieng, paradis perdu?

Le bus est plein, les passagers sur les sieges et les bagages dans les allees. Pendant pres de deux heures la route reste dans la plaine puis amorce la partie plus montagneuse et tortueuse. Mais le chauffeur n'en a cure et de la meme maniere qu'il traversait les villages a toute vitesse il prend les virages sans trop ralentir, la clope au bec. Avec le soleil qui descend la lumiere devient superbe sur les collines. Nous traversons un village au bord d'un lac. Quelques barques sont amarees au bord, un homme propulse la sienne a la force des bras. Les enfants jouent pres des maisons sur pilotis. Nous arrivons en vue des pics de calcaires qui dominent la plaine de Vang Vieng. Le soleil se couche. A premiere vue Vang Vieng a chosi le cote obscur de la force en developpant le tourisme a outrance. La rue principale n'est bordee que par des hotels, guesthouses et restaurants qui diffusent des films ou des series tele sur des ecrans places au fond des salles. Je m'installe, prends une douche pour me debarrasser de la poussiere du bus puis vais manger. Un restaurant juste a cote passe le dernier James Bond, je m'installe. Le poulet au miel avec frites et baguette n'est pas mauvais du tout, par contre le James Bond je ne l'ai pas trouve genial. Le lendemain je dejeune a une patisserie qui fait des viennoiseries plutot bonnes. Ca ne me dit pas trop de manger des oeufs au bacon et encore moins d'accompagner les serveuses avec des nouilles epicees de bon matin. Dans beaucoup de restaurants les series passent deja sous les yeux des touristes hypnotises assis devant les tables basses. Dans la patisserie CNN passe en boucle les premieres images de prises d'otages a Bombay. Je vais vers la riviere pour voir a quoi elle ressemble. Etonne, j'y decouvre des poissons ressemblant comme deux gouttes d'eau au Tylorus attrape a Tanna, ils sont plus petits et avec une tache rouge a l'arriere de la tete mais ce sont presque les memes. Il doit exister une espece d'eau douce, il faudrait que les emebres du comite scientifique investiguent la dessus s'ils ont le temps ( Julien puisque tu ne l'a pas lu, a Tanna il s'agissait de Tylorus crocodilus crocodilus ). Quelques libellules rouges et violettes sont posees sur les herbes le long de la berge. Je retourne chercher un sandwich en ville et traverse le pont de bois pour essayer d'aller trouver un chemin qui mene aux grottes dans les pains de sucre. Les rizieres ont ete moissonnees depuis quelques temps, ce devait etre beau avec les tiges dorees mais maintenant au moins on peut marcher un peu ou on veut. Meme si les petites digues sont les plus pratiques pour se deplacer. Je ne trouve pas le moyen de m'approcher de la colline qui me fait face, une riviere plus ou moins profonde en empeche l'acces. Je pourrais bien enlever mes chaussures et traverser a guet mais je demanderai une carte demain et j'y reviendrai. Pour le moment je profite du calme du bord de l'eau ou je trouve un piege a poisson long et conique que les paysans mettent dans les passages d'eau. Depuis le village monte le son de la musique de certains bars. Les habitants ont du voir leur patelin bien changer en quelques annees. Etant donne que les mammiferes et les oiseaux ne se montrent pas je me rabat sur les papillons et autres insectes qui peuplent les champs. Il y a meme des femelles de coleopteres charognards qui devorent un cadavre de je ne sais trop quoi pendant que les males s'occupent de perpetuer l'espece. Dans les trous d'eau au milieu des champs des enfants plongent pour attrapper les quelques petits poissons qui y subsistent. D'autres creuses dans les digues a la recherche de je ne sais trop quoi. Les vaches paissent dans les rizieres qui leur sont enfin ouvertes. De retour j'asiste a l'arrivee des jeunes touristes qui viennent de descendre une partie de la riviere sur des chambres a air de camion. C'est un peu le truc de Vang Vieng, la riviere est calme et il suffit de se laisser couler le long du courant mais apparemment ca a un gros succes aupres des jeunes essentiellement americains qui peuplent le village. Ce que je n'aime pas trop chez eux c'est qu'ils oublient assez vite ce qui est marque sur les murs des hotels. A savoir qu'il n'est pas tres bien vu de se ballader a moitie a poil et de parler fort. Et bien sur apres tant "d'emotions" aquatiques il est difficile de tenir un yankee qui ne peut s'empecher de crier son bonheur torse nu. C'est peut etre aussi le moyen de se rechauffer parce que le soir il ne fait pas tres chaud et beaucoup tremblent de froid. Je rentre au village et penetre dans les petites rues, celles hors du quartier touristiques qui gardent encore un peu d'authenticite. Le vendeur du magasin ou j'achete un paquet de biscuit retourne vite dans l'arriere court ou ses amis l'attendent pour continuer la partie de petanque. Au detour d'une rue je tombe sur une vue de la vallee dans laquelle le soleil, disque rouge, descend se coucher. D'autres personnes declenchent leur appareil photo. Ce soir je n'ai pas envie d'aller voir un film alors je remonte un peu ma rue, vers la ou c'est calme et pas trop eclaire. Je rentre dans un restaurant a tables de plastiques et sol de beton. Je commande du calmar grille. Au milieu de la table il y a un grand trou carre tout brule autour. En fait la serveuse m'apporte comme aux autres tables un creuset avec des braises surmonte d'une sorte de chapeau a bords recourbes en aluminium. En fait c'est moi qui doit me faire cuire mon calmar qui arrive frais decoupe dans une assiette. Une corbeille contient des herbes, du chou feuille, un oeuf et des nouilles de riz et pour completer la panoplie une bouilloire d'eau chaude. Je demande a la serveuse de m'expliquer comment ca marche son bazar. En fait c'est un barbecue saysuki, l'eau se verse dans les bords recourbes du chapeau et on y plonge les herbes, les nouilles et on y casse l'oeuf pour faire la soupe. Sur le dessus du chapeau on fait griller les morceaux de calmar apres avoir un peu graisse la surface avec du gras de porc. C'est marrant comme principe, je ne sais pas trop ce que sont ces herbes mais ca n'est pas mauvais non plus. J'avais apercu ce genre de truc avant mais n'avais pas compris ce que c'etait. Il faudrait juste qu'ils aient des tables autres qu'en formica pour eviter les odeurs de plastique brule et faire plus presentable. Pendant que je mange j'entends crier un type qui approche du restaurant. Il est torse et pieds nus. Il vient surement de marcher sur un gravier, c'est bien fait pour lui. Il avance vers la cuisine, il a l'air ivre. Il s'adresse au patron mais celui-ci ne parle pas anglais. Le jeune un peu hebete explique qu'il faisait du tubbing et qu'il a ete oublie et que cela fait deux ou trois heures qu'il marche. Etrange son histoire. Mais le patron n'y comprend rien et me regarde interrogateur. Je demande donc ce qu'il se passe et le jeune homme s'approche de moi en titubant le regard dans le vague. Il me demande ou on est ici, je lui dis qu'on est a Vang Vieng, il sait ca mais il veut savoir ou exactement. Il ne se rappelle plus le nom de son hotel mais quand je lui dis que le centre n'est qu'a deux cent metres il reprend son chemin. C'est a ce moment que je vois qu'il a un enorme hematome sur le flanc droit. Sur le moment je me dis qu'il a du abuser de la biere avant sa descente et qu'en faisant l'imbecile il a tape contre un rocher et qu'effectivement il a ete oublie par ses amis. Ce n'est qu'apres un moment que je me dis que si ca se trouve il a ete heurte par une voiture sur le chemin du retour et qu'il n'est pas ivre mais desoriente. Je m'en veux un peu de ne pas m'etre plus inquiete de son sort d'autant que son ecchymose n'etait pas tres jolie a voir. Plus loin je demande a la dame a qui j'achete mon dessert si elle a vu passer un gars un peu bizarre en short. Je ne comprends pas bien sa reponse et de toute facon les gars bizarres en short elle en voit tous les jours. J'espere que ca n'est pas trop grave pour lui.
Le matin suivant je demande une carte du coin au jeune de l'hotel. Je n'avais pas traverse le bon pont il fallait aller plus bas sur la riviere et prendre le pont permanent, celui qui est payant en fonction du moyen de locomotion. Meme les pietons paient leur contribution. L'acces a la grotte est aussi payant. Normal, il faut bien que les locaux profitent de leur bien. La karstification ici doit fonctionner plein pot en raison des pluies. La karstification c'est le creusement du calcaire par ecoulement des eaux de pluies qui le font "fondre" et donc creent des grottes et autres sculptures de la roche. J'ai appris ce mot a la fac il faut bien que je le replace. En tout cas ca ferait de bien beaux coins pour escalader. Il y a bien une petite agence qui fait des sorties escalades, le niveau va de 5a a 6b environ, mais il y a un potentiel incroyable si les sites ne sont pas tous sacres. Les parois de la grotte sont presque blanches, comme recouvertes de chaux. Les coulees de calcite orangee ressortent beucoup plus de ce fait dans la lumiere de ma frontale. Les traces de main des touristes aussi. C'est peut-etre encore une manque de respect de ce lieu qui est peut-etre sacre pour les locaux mais il faut reconnaitre que ca a du style tout de meme. Et du coup il me vient une reflexion : pourquoi est-ce qu'on a attribue les empreintes de mains et les gravures rupestres a des actes religieux ou sacres? Pourquoi est-ce que ce ne serait pas un groupe de jeune touristes prehistoriques qui se serait amuse a poser leurs mains sur les murs et faire des dessins apres avoir un peu abuse de la biere de l'epoque? Il faut toujours qu'on cherche une reponse religieuse ou sacree a ce dont on n'est pas sur ou qu'on ne peut pas expliquer. J'imagine que les archeologues doivent avoir de bonnes raisons de penser ca mais on peut s'interroger quand meme. De la sortie de la grotte un peu en hauteur dans la falaise on a une superbe vue sur la vallee. Qu'est ce que ce doit etre 300m plus haut! Le chemin continue vers d'autres grottes. Sur la gauche un chemin part vers d'autres falaises, au sol le panneau indiquant les falaises des abeilles est couche et retourne. Je m'y engage tout de meme. Je passe entre des plantations cloturees d'ananas et autres arbres. Je m'arrete au bord pour manger et regarder des petits oiseaux qui jouent a cache cache avec moi. En me rapprochant des falaises j'entends un coup de feu. Ce doit etre un chasseur, c'est pour ca que les oiseaux sont plutot mefiants. J'arrive a une ferme, il n'y a personne pour faire payer l'entree. Je continue. Le paysage est magnifique ici avec un petit lac dans lequel se refletent les montagnes alentours et les vaches qui paissent dans les rizieres. Il faut passer un pont de bambou au dessus d'un gros trou d'eau dans lequel on peut se baigner. Un plongeoir est meme amenage en haut de la petite falaise. Je suis tout seul ici. Il ne faudrait pas que le proprietaire qui a couche le panneau ne l'ai fait par lassitude des touristes et ne me trouve ici. Et si c'etait celui qui chasse? Personne ne sait que je suis au mileiu de sa bananeraie et il pourrait tres bien me balancer au fond de son lac sans que personne ne me retrouve jamais. Je me fais un peu des films quelques fois. Ca rajoute du piment au voyage. Je ne rentre pas dans les grottes. C'est bien le piment mais je n'en mange pas. Les grottes ne sont pas amenagees et si je me cassais une jambe je pourrais rester la quelques heures. Avec plus qu'une pomme a manger, ah non! De retour je croise un homme dans la bananeraie, il me salue avec un grand sourire. Je ne finirais pas non plus au fond de l'etang. Les vaches ont bouge depuis tout a l'heure et elles sont sur monn chemin. Je n'aime pas les vaches, je n'arrive pas a lire dans leur regard autre chose que de la peur ou de la stupidite. On ne sait jamais comment elles vont reagir. Je les contourne mais en prends quand meme une pour les amoureux des vaches qui me lisent ( papa et Mathilde ). Qu'est-ce que je prends comme danger pour vous. Sur le chemin je croise aussi le chasseur. Je n'y connais rien en arme mais sa carabine ressemble a un AK-47 ( la fameuse Kalachnikov avec le chargeur courbe mais je n'y connais vraiment rien ). Revenu sur le chemin principal je redescends vers le village. Une jeune fille sors d'un champ de cannes a sucre ou elle s'est coupe quelques troncons de cette gouteuse plante. Je lui dit bonnjour et lui sourit. Elle me rend la politesse. Elle s'arrete plus bas pour rendre la machette a une fillette qui habite la maison pres de la route. Quand je passe a son niveau elle se retourne, me tend un morceau de canne, me dit au revoir et par sur son scooter. Je commence a decortiquer la canne pour en manger le coeur juteux quand je suis interpele par quatre hommes sur le bord du chemin. Je les avais vu en passant ce matin, ils etaient deja attables a cet endroit. Ils n'ont pas du bouger. Ils me proposent de partager la Lau Lao, le whisky laotien fait a base de riz. Mais gentiment je refuse et ils n'insistent pas. Un seul parle un peu anglais et nous discutons un peu. Je leur montre les photos que j'ai pour leur expliquer que je travaille dans les vignes. Le fils d'un des hommes nous a rejoint. Il doit avoir quatre ans et mange les grains d'un long haricot qu'il decortique avec un couteau plus long que son bras. Je lui donne mon nouveau stylo et la moitie de mon baton de canne a sucre. Je ne l'aurais pas garde longtemps celui la. Je reste avec eux un petit quart d'heure et repart. Un des hommes m'a propose de me ramener en moto dans un moment mais s'ils sont la depuis ce matin avec leur lau lao il ne doit pas etre trop en forme et puis ils ont les yeux qui brille. Je repars a pied. Le baton de sucre une fois bien pele est un regal, le coeur font litteralement et il ne reste presque pas de fibre. Je croque la dedans comme dans une pomme. Si j'avais su je ne partageais pas avec le petit qui n'avait pas besoin de ca vu les carries qu'il avait. Quand j'arrive pres du village c'est l'heure de sortie des ecoles. Tout plein d'enfant sortent dans les rues, qui sur des velos qui a pieds. C'est impressionnant de voir avec quelle dexterite les jeunes filles arrivent a tenir leur guidon d'une main, leur ombrelle de l'autre et tout ca sur la piste de galets. Quand je pense a l'anglaise qui ce matin ne s'en sortait pas avec son VTT... Depuis le pont je peux voir les pecheuses de crevettes nettoyer leur filet apres une journee de "cueillette". Juste apres le pont ( vous noterez les bombes qui servent de bornes a l'entree du pont ) les villageois s'activent dans leur parcelle de jardin au bord de la riviere. Les parcelles ont l'air toutes petites et ce sont surtout les enfants qui les entretiennent apres leurs cours. J'en croise quelques uns avec un arrosoir a la main pendant que les autres se passionnent pour un match de volley. Le soleil descend sur l'horizon. Je decide d'aller voir le coucher depuis la riziere ce soir. Quand j'y arrive deux taurillons sont en train de se battre. Tete contre tete ils se poussent avec une telle force et tellement de determination que pendant les quatre ou cinq minutes que durent le spectacle je ne pense pas a prendre une photo. Le vainqueur meugle d'une voix roque a qui veut l'entendre que c'est lui le boss, mais quand il se retrouve face a plus gros que lui il fait demi tour et retourne chercher le vaincu. A vaincre sans peril on triomphe sans gloire disait l'autre, ca ne doit pas tenir chez les bovides. Le coucher est plutot pas mal encore une fois. Je retourne dans le quartier occupe pour manger, mais toujours un peu en retrait, pas tres loin de mon hotel. Le lendemain je n'ai pas fait grand chose, juste une petite balade pour dire que j'avais bouge mais pas de grotte. J'ai reserve ma place pour le bus VIP pour Luang Phrabang. Apparemment il n'y a pas de bus local le matin et il y a 9h de route. Le soir je mange au restaurant de la ferme biologique, un gros plat de poulet et legumes bien bons avec du riz blanc et rouge. Un peu d'internet pour voir si j'ai une reponse de l'agence de voyage pour savoir si elle a pu reporter mon retour de quelques semaines. Parce que si je vous l'ai annonce ca n'est pas encore officiel pour le vol. Et justement, une mauvaise nouvelle m'annonce qu'il n'y a pas de place de retour entre fin janvier et le 16 fevrier. Il faut qu'elle regarde en janvier maintenant mais ca m'a un peu casse le moral cette histoire. Et si il n'y avait pas de place et que je doive rentrer le 20 decembre? Il ne me reste alors plus que 17 jours pour visiter Luang Phrabang, le Viet Nam et le Cambodge et je dois faire sauter le sud de la Thailande. Je me couche un peu contrarie mais avec l'espoir que ce se debloquera pour janvier. D'autant plus qu'il y a quelques problemes en Thailande des protestants bloquent l'aeroport, ca pourrait dissuader quelques personnes de venir en janvier. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Le lendemain un peu avant l'heure prevu le tuk-tuk vient me chercher et me mene en compagnie d'autres touristes au terminal des bus a l'autre bout de la ville qui est quand meme assez etendue. Je pense qu'ils construisent leurs terminaux a l'exterieur des villes pour faire marcher le commerce des tuk-tuk. Le bus, au depart n'est occupe que par des touristes et apres une dizaine de kilometres nous faisons demi tour pour aller chercher trois retardataires. Nous partons finalement avec pres de 45 minutes de retard pour Luang Phrabang.

jeudi 27 novembre 2008

Vientiane, capitale du Laos, vous le saviez?

Juste apres le pont, avant d'atteindre la zone d'immigration laotienne un panneau averti les conducteurs qu'il faudra qu'ils conduisent a droite une fois les formalites remplies. Des restes de la presence francaise ou du bon sens allez savoir. Je passe par le bureau des visas a l'arrivee pour m'en faire faire un. Ne sachant pas a quelle date j'allais arriver je ne l'ai pas fait avant puisque je savais que je pourrais l'obtenir la. Une photo, une fiche a remplir et 31 dollars ( un dollar pour le pont ) et en cinq minutes c'est regle. Par contre pour le Viet Nam il faut le faire a l'avance et je le ferai a Vientiane. Le Laos c'est pas un pays qu'on connait trop par chez nous et la capitale encore moins. J'ai mis longtemps avant de l'enregistrer. Je prends un tuk-tuk collectif apres avoir attendu un moment le bus qui soit ne venait pas soit ne passait pas par la. Et vous pensez bien que le gars du tuk-tuk n'a aucun interet a comprendre ce que je veux. De toute facon je ne sais pas trop le prix du bus mais le tuk-tuk c'est 50 baths ( la monnaie du Laos est le Kip 1 euro pour environ 10500 kips mais a la frontiere ils prennent les deux monnaies ) pour 22 km ( j'ai parfois paye la meme somme pour un kilometre en ville en thailande ) et en plus le gars me deposera devant ma pension alors que le bus non. Le probleme c'est que le chauffeur, une fois apres avoir depose les autres passagers, cherche un peu la pension Phorntip et il me depose
meme devant une autre. Je lui fais remaquer que ca n'est pas le meme nom. Il a peut etre une commission dans celle la mais moi je veux aller a l'autre pour sa situation geographique pas trop loin du centre. La je ne sais pas ou on est. Il va demander a un collegue gare au coin de la rue et nous repartons. Je sors mon guide pour essayer de me reperer sur la carte. Rue Khounbouloum, j'ai... rue Pang Kham j'ai aussi... Nous voila dans la rue Nokeo Khoumane et le chauffeur hesite encore. C'est juste a cote, je lui montre sur le plan et le guide pour les derniers metres. Du coup il veut doubler le prix de la course parce qu'on a tourne. Nous avions convenus de 50 baths mais il veut plus. Je reste ferme et lui dis que je ne vais lui donner que les 50 baths prevus. Comme il n'insiste pas et que je le trouve sympathique je lui donne quand meme 60. C'est pas mon truc d'etre mechant ou alors je suis vraiment couillon. La pension se trouve dans une jolie maison avec une grande court amenagee en salle commune. La chambre que je prends coute 100 000 kips soit un peu moins de 10 euros. C'est un peu cher par rapport a ce que je prends d'habitude mais j'ai une salle de bain privee, la clim, la tele et le petit dej' compris. Je retire 500 000 kips et je vais manger dans un des restaurants gargottes au dessus du Mekong. Ca peut paraitre une somme enorme mais ca fait un peu moins de 50 euros et comme le Laos est un peu plus cher que la Thailande vu qu'ils importent pas mal de leur voisin je serai oblige de retirer un million dans les jours qui suivent. Je dois dire que ca ne m'est pas souvent arrive de retirer un million. Il fait plutot chaud ici, comme a Nong Khai, et je rentre me mettre au frais pour me reposer avant de ressortir en fin d'apres midi. La ville est plutot jolie, il reste quelques maisons de l'epoque francaise et pas mal de temple dans mon quartier. Mais ce qui frappe le plus c'est que pour une capitale c'est assez calme meme si c'est samedi. Il y a pas mal de touristes aussi. Le bon cote de la chose c'est que la plupart des enseignes sont sous-titrees en francais et plus en anglais. Ca rassure un peu. Dans les snacks on vend des sandwich avec de la vraie baguette et de la vache qui rit qui s'appelle : Con Bo Cu'oi ici. Je sens que ca va me plaire ce pays! Je vais voir leur arc de triomphe au bout de la rue qui part du palais presidentiel ( ou qui y mene ca depend tout de l'endroit ou on se place par rapport a l'idee qu'on se fait de la chose ). Devant une ecole francaise un homme m'interpelle. En anglais, il me demande d'ou je viens et me pose quelques questions banales. Enchante, a bientot. Dans le parc derriere l'arc de triomphe il y a un spectacle de jets d'eau avec de la musique. Des gens courent ou font des exercices d'etirements, d'autres mangent une glace avec leurs enfants et d'autres se prenent en photo devant le monument. Je reste un peu a profiter de la douceur du soir et sur le chemin du retour c'est un jeune novice en tunique safran qui m'arrete. Il dit vouloir parler un peu anglais pour s'exercer. Il parle beaucoup mieux anglais que certains thailandais. Nous discutons un petit quart d'heure avant qu'il m'explique qu'il a des problemes pour payer ses etudes et qu'il voudrait que je l'aide. Je veux bien lui donner quelque chose, quand c'est pour la bonne cause et qu'on m'explique pourquoi je sais etre genereux. Mais il ne veut pas de mon argent tout de suite, il veut que je l'aide dans le "futur". Je ne comprends pas bien sa notion de futur mais nous prenons rendez-vous demain au pied de l'arc de triomphe. Il n'est peut-etre pas bien vu pour un moine de se faire donner de l'argent par un touriste dans la rue. On verra bien demain j'espere ne pas etre tombe sur un farfelu encore. Le soir, excite par tous ces restaurants europeens je mange une pizza. Ca faisait longtemps que j'en avais envie . De retour je regarde un peu la tele : "pirate des caraibes" en thai c'est pas mal, Keira Knigthley est toujours aussi charmante. Le lendemain matin je prends mon petit dejeuner dans la cour de la maison puis vais faire un tour. Je passe par les temples dans les rues voisines. Contrairement a la thailande pas de voitures dans ces lieux de meditation. C'est moins clinquant aussi, l'or brille moins et il n'y a pas de gens qui viennent visiter. En Thailande meme dans les petits temples il y avait toujours quelqu'un en train de prier dans le moindre temple. Ici je ne pense pas qu'ils soient moins fervents mais peut-etre qu'ils sont tous au travail ou alors que le regime communiste ne les encouragent pas trop a perdre leur temps. Un moine va taper sur le gros tambour a l'abri d'une cabane de trois etages qui abrite aussi deux cloches : une en forme de cloche et une autre plus cylindrique. Je visite une ou deux boutiques d'artisanat pour voir un peu ce qu'il se fait. Leur truc c'est pas mal la soie melangee au coton. D'ailleurs les femmes portent beaucoup le meme type de robe longues jusqu'a mi-mollet plutot sombres avec un liseret brode en bas. Ca me rappelle un peu les robes des indigenes d'Otavalo en Equateur. C'est aussi tres elegant. Avant d'aller a mon rendez-vous je m'achete un sandwich jambon fromage ( comprenez vache qui rit ) et papaye verte carotte. Pas de concombre, merci. J'arrive a l'arc de triomphe et je commence a me demander si je vais le reconnaitre. Hier soir il faisait un peu sombre quand nous nous sommes parle et meme si ils ne se ressemblent pas tous ( je vous assure, les asiatiques n'ont pas tous la meme tete, on nous a menti depuis le debut! ), une fois rases et en tunique orange c'est un peu plus difficile de les differencier. Il me semble en reconnaitre un mais je ne bouge pas de mon banc, lui me reconnaitra et viendra me voir. C'etait bien lui. Nous montons en haut de la'rc de triomphe d'ou nous dominons la ville. C'est une ville tres plane avec quasiment pas d'immeubles. Un nouveau batiment est entrain d'etre construit tout pres d'ici, ce sera le nouveau parlement. Beaucoup de ministeres sont installes sur la rue Lang Xane entre l'arc de triomphe et le palais presidentiel. A l'interieur de l'arc de triomphe quelques boutiques de souvenirs vendent aussi des restes du passe francais dont des piastres ( monnaie ) du debut du XXeme siecle. Mon novice s'appelle Phet et est tres reserve, nous parlons en anglais mais il n'est pas tres souriant. La vie ne doit pas etre tres drole en tant que novice et loin de ses parents. Ils habitent dans la province de Luang Prabang ( plus au nord ) et sont fermiers. Il ne les a pas vu depuis trois ans et ne les appelle que rarement au telephone. J'en profite pour lui demander ce que signifie le nombre 108 dans le bouddhisme. C'est qu'en fait il y a 108 prieres differentes c'est pour ca que les coliers ont 108 perles et qu'il y a 108 bols dans certains temples. Les couleurs de tuniques varient un peu du orange safran au brun mais cela ne signifie rien apparemment, ils portent celle qu'il veulent mais les novices portent une ceinture d'etoffe que les moines n'ont pas. Les novices deviennent moine a 20 ans. Je lui montre les photos que j'ai avec moi. Dans la rue au dessous une musique triste monte jusqu'a nous. Il s'arrete pour ecouter et regarder. C'est un enterrement. Deux stuppas funeraires ( sortes de pyramides a plusieurs etages qu'on voit dans les temples ) pour deux morts sont suivis par une kyrielle de scooters. "Ils avaient beaucoup d'amis" me dit-il. Ce matin aussi dans son temple ils ont pries pour les morts du quartier. Au bout d'un moment il me relance finalement sur le fait que je peux l'aider pour ses etudes. Mais encore une fois je ne comprends pas bien ou il veut en venir avec son futur. Je lui donne un peu d'argent, je sais que ca ne suffit pas pour tout payer mais je ne vais pas financer les etudes de tout le monde et puis ca l'obligera a s'adresser a d'autres touristes s'il pense que la solution a son probleme c'est de demander aux etrangers. Je crois qu'il ne voit pas bien son avenir : a un moment il me parle de devenir moine et apres qu'il voudrait devenir medecin. Il a l'air un peu perdu. Apres ca nous nous separons, il doit rentrer a son temple pour prier pour les morts. Je passe par le marche pour promener un peu. C'est plus une sorte de supermarche desorganise ou chacun aurait sa boutique qu'un marche habituel. Il s'y vend de tout : des herbes medicinales aux televisions en passant par les habits, l'artisanat, la vaisselle, les cd et dvd pirates, tout ce dont on a besoin dans un desordre plus ou moins agence. Puis je passe par le Vat Sissaket, un des plus beaux temples de la ville mais il est trop tard pour visiter le cloitre qui renferme des milliers de statues de Bouddha. La lumiere du soleil couchant fait ressortir les couleurs ocres de la facade du temple. Je repasserai. Le soir je mange dans un petit restaurant pas terrible et rentre a la pension assez tot. Le lendemain, lundi l'ambassade du Viet Nam doit etre ouverte, je vais pouvoir aller faire ma demande de visa. Je traine un peu ce matin et quand j'arrive devant l'ambassade vers 11h40 c'est ferme. Les bureaux ferment de 11h30 a 13h30. Je vous jure ces pays communistes ou les gens ont le droit de se reposer entre "midi et deux" c'est pas ca qui va faire avancer le monde! Heureusement que la France va nous faire travailler le dimanche pour arranger tout ca! Du coup je continue un petit kilometre plus loin pour aller voir le temple le plus venere de Vientiane, le That Luang. La aussi la partie payante et interessante est fermee jusqu'a 13h mais ca me laisse le temps de faire un peu le tour du reste du site et de manger un bout. Encore une fois on ne peut que constater le calme du site et le respect des lieux, pas la moindre voiture garee autour de cette grande esplanade devant le temple. Normal quoi. Sous un banian 14 statues de bouddha se tiennent a l'ombre. Les gens collent des morceaux de riz gluant sur les statue ou dans leurs mains. Une offrande bien humble. Le stupa central de ce temple est sense renferme un cheveu et les cendres des hanches de Bouddha ce qui en fait un lieu tres venere des bouddhistes laotiens. On y croit, on n'y croit pas mais ils ont encore fait un sacre batiment. La peinture doree, bien moins brillante que la tahilandaise renvoie quand meme bien la chaleur du soleil et marcher autour de ce stuppa donne vite chaud. Je retourne a l'ambassade du Viet Nam, rempli une fiche, donne une des photos faites ce matin et 45 dollars et dans deux jours je devrais repasser chercher mon visa. Il fait chaud, je rentre me mettre au frais a l'hotel. Ce soir je vais a un restaurant conseille par le guide pour sa carte typique. Je commande des grenouilles farcies. Dans la salle d'a cote un groupe d'une quinzaine de francais est attable et dans la salle ou je suis c'est un groupe aussi important d'employes qui recoivent leur patron venu du Viet Nam. Ils trinquent tous ensemble au Chivas. Puis chacun leur tour les employes veinnent avec un petit verre pour trinquer personnellement avec le boss. Au bout d'un moment le chef d'entreprise coupe largement son whisky avec de l'eau mais boit toujours un peu avec chacun d'eux. Sauf avec la seule femme de la table. Il trinque mais ne boit pas, la jeune femme attend un peu genee derriere lui mais il ne boit pas et l'ignore presque. La pauvre femme retourne s'asseoir en bout de table. Le patron me demande d'ou je viens et me demande de boire un verre de "vin" avec lui. Gentiment, avec un sourire je dis que je ne bois pas d'alcool. Mais je vois que ma reponse ne lui convient pas trop. Les hommes continuent de parler autour de la table et je dois etre un peu le sujet de conversation car certains me regardent. Finalement une sorte de Gerard Jugnot ( epoque des Bronzes ) vient me servir un petit verre en me disant que son patron insite pour que je boive avec lui. Je suis bien oblige d'accepter cette fois. Il va falloir que je me trouve une maladie de foie pour pouvoir echapper a ce genre de torture. Si, pour moi c'est une torture! Il me faut trois gorgees pour avaler le petit verre a liqueur, j'ai du changer de couleur, mais le boss est content. J'avais juste fini de manger et je n'ai plus rien pour me rincer. La gorge en feu je demande l'addition. Le serveur me sourit. Je paie, salue le boss et ses fideles employes et retourne me coucher. Le lendemain je ne fais pas grand chose. En debut d'apres midi je retourne au Vat Sissaket. L'interieur est tres beau, une sorte de cloitre entoure le simma ( temple ou ont lieu les ceremonies religieuses ), c'est fleuri. Dans les allees couvertes des statues de bouddha sont alignees et dans de petites niches dans les murs des milliers de statuettes sont rangees deux par deux. Au total un petit panneau indique qu'il y a plus de 10000 representations de Bouddha dans cet ensemble recuperees pour la plupart dans les temples saccages par les siams lors de leurs incursions au XVIIIeme siecle. Seul ce temple n'a pas ete detruit car il serait construit sur le modele siamois justement. Dans un petit cagibi un amoncellement de statues endommagees par les bombardements de la guerre. Le calme dans cet endroit n'est malheureusement pas parfait car "les Champs Elysees" vientiannais passent juste derriere et surtout trois groupes de touristes debarquent sans trop de bruit mais la quietude y perd un peu. J'ecoute un peu une guide francaise passionnee par le bouddhisme lao expliquer les differences d'avec les bouddhas thailandais. Pour gouter je m'arrete a une patisserie dinspiration francaise pour manger une tartelette aux amandes. Un bonheur pour les papilles. Je fais graver un dvd de photos ( et oui deja de quoi en faire un! ) et passe un peu de temps sur internet. Pas grand chose donc pour cette derniere journee. La tele diffuse une quatrieme fois "Pirates des Caraibes" ou "Mission Impossible". Je regarde "Lagardere" sur TV5 monde. Le lendemain je vais chercher mon visa, recupere mon sac et vais prendre le bus pour Vang Vieng. La veille un gars a la station de bus m'a dit qu'il y avait un bus toutes les heures de 7h a 14h mais j'arrive un peu avant 12h et le seul bus que je vois part a 13h30.









Vous iriez dans quelle direction vous en cas d'urgence? ( voir les panneaux bleus sur les cotes )

dimanche 23 novembre 2008

Nong Khai a la frontiere du Laos


Le chauffeur de tuk-tuk est la a l'heure. Il fait un peu frais ce matin et je me protege du vent avec mon sac a l'arriere.
Le bus n'est pas ce qu'ils appellent un VIP mais il a son charme. De toute facon le soleil n'est pas encore leve et nous n'avons pas besoin de la climatisation. au depart il n'y a que moi et deux autres dames masi des gens montent et descendent le long du parcours. Je somnole un peu au debut et quand jeme reveille nous sommes au milieu de beaux paysages de cultures sur des collines. Dans la vallee les rizieres commencent a jaunir pouis sur les flancs des collines se sont les plantations de mais, bananiers, fruitiers et d'autres arbres que je ne connais pas. C'est tres diversifie comme cultures. A Pak chom nous faisons une halte d'une heure. Le village se trouve sur les bords du Mekong et fait face au Laos. Ma premiere vue sur le Mekong, fleuve nourricier et meurtrier d'une bonne partie de la peninsule indochinoise, est un peu voilee dans la brume masi ca lui donne un petit air mysthique meme si ici il n'est pas encore tres large. Je profite de ce moment pour manger une pomme que j'epluche avec mon couteau sur un banc. Quand j'ai fini, un moine assis de l'autre cote vient me voir et par des gestes demande voir mon couteau. Je lui montre ainsi que les differentes lames et ustensiles qu'il contient. D'autres hommes qui etaient la demandent aussi a voir. Une fois finie l'attraction du couteau le moine regarde par dessus mon sac pour voir ce qu'il y a dedans. Il veut voir mon carnet de notes, je lui montre aussi les photos de France mais ca ne le passionne pas plus que ca. Je lui fait cadeau de mon stylo ( qui va bientot rendre l'ame ) et d'une piece d'un euro puisqu'il aavit demande a voir une piece de chez moi. quand il me demande a voir un billet je lui dit que je n'en a pas, ni des dollars. Il faut pas pousser non plus, je ne suis pas la banque mondiale moi. En plus il a une tete un peu louche et un scorpion tatoue sur le pied. Je le verrai plus sorti de prison que moine personnellement. Mais bon l'habit ne fait pas le moine dit-on. Toujours par des gestes il me demande finalement si je ne veux pas lui donner mon couteau. Alors la mon gars tu peux rever! D'abord c'est un cadeau, ensuite je ne suis pas bouddhiste donc moi les histoires de dons ca ne me touche pas et en plus chez nous quand on offre un couteau il faut donner une piece en echange ( meme si je n'y crois pas )! Il fait un peu la grimace mais semble se resigner. Nous montons dans le bus et croyez moi si vous voulez mais environ 400 metres plus loin, une dame qui y etait depuis le debut demande a descendre! C'est a dire qu'elle a attendu une heure entiere a la "station" de Pak Chom pour se faire deposer 400 m plus loin a la sortie du village! Elle aurait pu marcher un peu surtout qu'elle n'etait pas chargee mais elle ne devait pas etre pressee. Quoiqu'il en soit elle me fait un sourire en partant meme si on ne s'est rien dit de tout le trajet. Je suis le seul touriste au fait. Le moine decide de revenir a la charge et s'assied derriere moi. C'est amusant d'essayer de se comprendre par gestes sauf quand les gestes n'ont pas la meme signification pour les deux interlocuteurs. Il me sort quelques amulettes de formes phalliques ( dont une ressemble a un sex toy ) ainsi qu'un collier avec cinq ou six petits phallus sculptes dans du bois attaches a une cordellette fluo. C'est une ceinture en fait mais je n'ai pas trop compris a quoi ca sert. Les phallus doivent avoir une portee de puissance j'imagine. Je me dis que comme je lui ai fait deux petits cadeaux il veut m'en faire un en retour et me demande de choisir. Quand je mime le fait de garder un des objets il ne parait pas vouloir me le donner comme ca alors je lui rends son attirail. Il fouille encore dans son sac et en ressort des amulettes a l'efigie de Bouddha une sculptee dans le bois et une en argile ainsi qu'une pierre volcanique legerement polie par l'eau ( je pense ) et une demi machoire d'un animal que je ne reconnais pas. La encore je mime le cadeau mais aucun encouragement de sa part a ce que j'en garde un. Je lui demande alors le prix, je veux bien lui acheter une de ses choses pour lui faire plaisir si c'est pas trop cher, et il me fait signe 5 avec sa main. 5 baths ca fait pas cher du tout, ca doit etre plus mais je fais l'innocent et sors une piece de 5 baths. C'est effectivement plus cher, A son tour il sort un billet de 100 et me remontre cinq avec sa main. 500 bath pour un caillou ou un morceau de mandibule faut pas pousser non plus! Je lui rends a nouveau ses "amulettes". Il ressort la ceinture avec les phallus et me fait signe qu'il veut l'echanger contre le couteau. Je lui fais un grand sourire en lui faisant comprendre que non. Je reste courtois mais je ne vais quand meme pas echanger un couteau dont mes amis m'ont fait cadeau contre une ficelle fluo avec des bites en bois!!! Vous pouvez me prendre pour un mecreant ou un con de touriste occidental mais moi je trouve que pour un moine bouddhiste il a encore pas mal de chemin a faire pour se separer des besoins materiels. Il continue a me sortir des objets de son sac de "Sport Billy" : des fonds de creme qui sentent un peu le moisi, une huile avec des morceaux de bois aromatiques et meme une montre que quelqu'un lui aura offert. Il a l'air de vouloir me vendre quelque chose. Je suis un brave gars mais tous ces trucs sont a 500 baths et de l'huile aromatique j'en ai achete un flacon a Chiang Dao pour dix fois moins cher et encore je n'avais pas negocie. Il essaie de m'expliquer des choses par des signes mais je ne comprends rien, alors je sors le guide et l'ouvre a la page ou quelques phrases sont ecrites en thai et lui montre "je ne comprends pas". Il est interesse par le guide et le regarde un moment. Il y trouve une enveloppe dans laquelle j'ai deux cartes postales achetees a Pai et un petit marque page. Il regarde les cartes et me demande s'il peut garder une des cartes, celle avec une vue sur des cabanes traditionnelles sur pilotis. Je suis bon prince et accepte. Quand il me rend le guide il a carrement garde l'enveloppe avec les deux cartes, meme celle que je trouvais jolie montrant la boite que les vendeurs de tickets ont dans les bus. C'est une longue boite cylindrique compartimentee dans laquelle il y a des rouleaux de tickets de differentes valeurs de prix et le vendeur deroule plusieurs tickets pour obtenir la somme de votre destination, un peu comme des timbres. Il y range aussi les pieces qu'il secoue quand il s'approche pour faire payer les passagers. C'est une carte que je comptais garder pour moi parce que la photo etait jolie et representait une image typique du voyage. Et bien ce moine "mort de faim" me l'a taxe! Je ne vais pas faire un scandale a un moine quand meme donc je ne dis rien. Apres ce dernier forfait le moine roupille un peu puis va s'asseoir a l'avant. Quand il quitte le bus pas un regard, pas un sourire. J'avais ete un peu decu a Chiang Mai mais lui ne va pas me reconcilier avec les moines bouddhistes thailandais. Bon passons. Quand le bus arrive a Nong Khai vers 13h30 je reste le seul passager et surtout le seul a avoir fait le trajet de bout en bout. Depuis Pak Chom nous avons suivi le Mekong et la pension que j'ai elue se trouve aussi sur les rives de ce fleuve et le restaurant, ombrage, offre une vue imprenable. Meme s'il est marron et qu'il ne donne pas une impression de puissance le temps semble s'ecouler un peu plus lentement assis a table devant un petit plat. Nong Khai n'offre pas grand chose de particulier, mais depuis l'ouverture du pont de l'amitie avec le Laos en 2000 la ville est en plein essor, car elle est devenue un point de passage incontournable entre les deux pays. Le haut des berges du Mekong ont ete amenagees en promenade et les restaurants profitent de ce lieu calme pour s'installer. Comme un peu partout en Thailande une partie de la cuisine est encore faite sur de petits rechauds en terre cuite dans lesquels sont entretenues des braises de charbon de bois. La promenade se prolonge jusqu'au marche couvert long de plusieurs centaines de metres ou l'on trouve un peu de tout pour la maison ou pour des petits cadeaux. Il y a meme des boules de petanque a 200 bath ( soit moins de 5 euros ). Un petit quai sert a embarquer les marchandises sur de longues barques qui vont traverser pour approvisionner le Laos. Dans la rue un amoncellement de cartons et objets en tous genres obstruent le trottoir et sont descendus sur le quai par une rampe et recuperes par une armee de "dockers" qui les charges dans les freles embarcations. Dans une petite rue j'assiste au raccordement electrique d'une boutique. Tu vois papa, les conditions de securite en electricite sont bien respectees ici aussi : l'echelle en bambou n'est pas un conducteur. Dans le bus en venant j'ai commence a sentir les courbatures de ma descente d'hier et maintenant j'ai vraiment mal quand il s'agit de descendre ne serait-ce que d'un trottoir. Et je ne me sens meme pas d'aller me faire masser parce que le moindre contact avec mes mollets me fait mal. Les massages ca doit etre tonique d'accord mais je ne veux pas les transformer en torture. Je n'ai donc pas trop fait grand chose ici. Quelques promenades dans les rues a la recherche du marche alimentaire ( pas super ) et des pauses a regarder le Mekong. Toni, un routard italien, vient discuter une petite heure avec moi puis s'en repart. Pendant une autre de ces pauses un groupe de cinq lyceens vient m'interviewer en anglais. Ca fait parti de leur devoir d'anglais d'aller au contact des etrangers pour apprendre a parler. Chacun a leur tour ils se presentent et me posent une question sur ma presence en Thailande et a Nong Khai en particulier. Ca dure un petit quart d'heure et se termine par une sceance photo obligatoire. Au bout du troisieme jour pour vaincre le mal par le mal j'ai loue un velo pour aller visiter un parc en dehors de la ville. Le Sala keo koo est un grand parc plein de sculptures plus ou moins geantes ( 15 metres facile ) qu'un artiste un peu chamane a cree pour raconter ce qu'il aurait vu apres avoir vecu avec un ermite dans une grotte. Sont donc rassemblees la un florilege de divinites bouddhiques et hindous autour de nombreuses statue du bouddha. Une de ses creations represent la roue de la vie avec les differentes phases de la vie des hommes du foetus a la mort ainsi que les cinq sens et quelques trucs un peu plus bizarres. Bien sur il y a toujours l'etang ou les ecoliers nourrissent les enormes carpes et poissons chats ainsi que les cyclides. Dans une marre je repere des tetards transparents. Inspires eux aussi par l'artiste? Dans une petite haie j'entends bruisser les feuilles et vois partir un serpent mais je n'ai pas pu le photographier cette fois. Dans un batiment du parc quelques objets de l'artistes sont exposes ou entreposes au milieu de statuettes deBouddha. Au troisieme etage il y a meme tout un tas de photos de l'artiste de sa jeunesse aux derniers instant de sa vie dans son lit d'hopital avec perfusions mais toujours le sourire. Le lit est d'ailleurs dans un coin avec une baignoire posee dessus. Toujours cette etrange habitude thailandaise de gacher des endroits qui pourraient etre beau avec des objets anachroniques. Parce que meme si ca peut paraitre un peu gros comme sculptures parfois la balade est assez agreable et les statues sont bien faites. Pendant ces quelques jours je me rends compte que ca fait bientot un mois que je suis en Thailande et j'ai l'impression de ne pas avoir fait grand chose de tres interessant. Mais je me dis aussi que si ca se trouve l'Asie ne doit pas se visiter comme le reste des pays que j'ai traverse. La plupart des gens parlent de la Thailande comme d'un paradis ou les gens sont gentils et souriants. Je pense qu'effectivement le sud de la Thailande ( ou j'irai en revenant du Cambodge avant de rentrer en France ) a des paysages magnifiques. Et c'est vrai que dans l'ensemble les Thailandais sont gentils et souriants pour un Francais fraichement debarque de son pays ou beaucoup de gens font la gueule ( non pas tous! regardez moi par exemple ) mais a mon avis pas autant que les ni-Vanuatu qui en plus viennent vous parler. C'est vrai qu'il y a ce petit probleme de langue qui me ( nous ) bloque un peu. En plus honnetement je commence a fatiguer un peu de bouger mais il y a quelques trucs que je veux absoluement voir en etant dans le coin. Donc je crois que je vais prendre la fin du voyage un peu plus tranquillement en ne faisant que les gros sites que j'ai repere et en prenant plus de temps a chaque fois. J'irai un peu moins chercher les coins calmes et peu visites ( chose que je n'ai pas trop fait de toute facon ) a moins qu'on m'en conseille un inevitable. De toute facon apres un petit calcul il me reste juste assez de temps pour tout voir avant mon retour. Ces quelques jours face au Mekong m'auront permis de me remettre un peu les mollets en etat meme si je ne suis toujours pas alle me faire masser. Et oui un peu paradoxal parfois : deux semaines au Vanuatu sans se baigner, un mois en Thailande sans massage ni balade en elephant...
La veille de l'expiration de mon tampon de touriste je prends la route pour le Laos. Un tour en tuk-tuk, un tampon thailandais, un tour en bus pour traverser le pont de l'amitie et me voila cote Laotien.